Ydes : Grégory Murer et Virginie De Bodt inaugure et samedi la première brasserie artisanale du Cantal.
Plongée savante dans le malt à Fleurac.
Ce jeune couple de Belges, installé depuis trois ans à Ydes, inaugure samedi sa petite brasserie artisanale, le fruit de beaucoup de travail… et de plaisir ! (Pomme Labrousse)
D’ordinaire, c’est plutôt le lundi, le jour de l’embouteillage (« le jour où le sol est très collant ») ou le jeudi, jour de brassage, que la jeune brasserie artisanale de Fleurac tourne à plein régime. Mais cette semaine, le samedi joue les importants. C’est le jour de l’inauguration, avec visite commentée et dégustation.
Débuts dans des casseroles
Grégory Murer et sa compagne Virginie De Bodt veulent ainsi lancer l’existence officielle de leur brasserie. Et s’ils brassent déjà depuis le mois d’avril, dans leur grange retapée, ils n’en sont pas à leur premier coup d’essai. « On a commencé dans des casseroles, avec des recettes trouvées sur internet, on concassait la malt avec des rouleaux à pâtisserie », se souvient Virginie. Quelques déceptions plus tard, Grégory se plonge dans les livres. « C’était de plus en plus scientifique. En Belgique, il y a même des universités brassicoles », explique-t-il. Mais c’est sa rencontre avec un brasseur reconnu qui lui permet de finaliser les plans de la brasserie de Fleurac. Désormais bien aguérri, le jeune brasseur développe 4 types de bières, à raison d’un brassage de 800 litres par semaine.
Si les visiteurs ne peuvent pas assister à la fabrication en direct (« c’est très long, et c’est un peu dangereux, la cuve chauffe beaucoup ») ils peuvent la vivre à travers ses paroles et ses gestes passionnés. Même si la bière, c’est du boulot ! « On laisse la bière environ deux semaines dans la chambre froide, pour qu’elle s’affine et qu’elle se clarifie un peu. Mais il n’y a pas de durée précise : c’est de l’affinage il faut tout le temps la goûter… »
Comment ces deux belges se sont retrouvés dans ce coin de Sumène-Artense ?
Que des citoyens belges s’intéressent à la bière, l’image tire presque vers le cliché.
Surtout lorsque l’on apprend que, lorsqu’ils étaient à la cantine, enfants, ils avaient de la bière à table. « Ceci dit, à 2% d’alcool, elle est dégeulasse », précise Virginie. Mais qu’ils décident d’implanter leur petite brasserie artisanale dans le Cantal, en pleine région Sumène-Artense, l’information est plus surprenante.
« La famille de ma grand-mère est d’Antignac, et la maison de famille est à Fleurac. Je venais tous les étés en vacances », explique Virginie. Elle fait découvrir la région la région à Grégory, et le charme opère… « on est venus une fois, puis deux fois, puis trois fois par an. On s’est dit : on est drogués ! » pour l’installer dans la région, il leu faut un emploi. Ils le trouvent à Aurillac, à l’été 2005.
Ils avaient déjà peaufiné leur projet d’installation depuis leur participation à une session d’accueil d’actifs à Champagnac, en mars 2005. Le commence en créant une entreprise d’informatique, et se dirige peu à peu vers la mise en place d’une brasserie. « On a trouvé cette étable, il a fallu tout casser, tout nettoyer… »
Dans ce Cantal qu’ils chérissent, ils veulent faire découvrir aux autochtones « ce qu’est une véritable bière ». De quoi sans doute, en allécher plus d’un.