La Brasserie de Fleurac - Presse - La montagne: 25 décembre 2008.

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INITIATIVE GOURMANDE | La brasserie artisanale de Fleurac a ouvert ses portes, il y a six mois, près d’Ydes

Le Cantal, l’autre pays de la bière

Venus de Belgique pour s’installer définitivement à Fleurac, près d’Ydes dans le Haut Cantal, Virginie De Bodt et Grégory Murer ont créé une brasserie artisanale.

Quel est le point commun entre le plat pays et le volcan cantalien ? Depuis six mois, et outre un solide sens de l’humour, ce point commun se concentre dans une bouteille en verre. Oui, c’est la bière. Car depuis six mois, le Cantal est devenu l’autre pays des brasseurs. A l’origine de cette nouvelle production, Virginie De Bodt et Grégory Murer. La famille de Virginie De Bodt est originaire de la région. Des marchands de toile émigrés en Belgique il y a quelques générations. Le retour aux racines a été progressif : d’abord des séjours réguliers dans la maison familiale de Fleurac, et la redécouverte pour elle et la découverte pour lui, d’une région propice au développement d’une brasserie. Car Fleurac recèle un trésor qui entre pour 90 à 95 % dans la composition de la bière : une eau pure. En exagérant à peine, les buveurs de bière sont donc avant tout des buveurs d’eau.

Une histoire belge plus sérieuse que les préjugés

L’amateur éclairé, alors étudiant, qui fabriquait sa propre bière dans la cuisine, est devenu un professionnel reconnu pour ses qualités de brasseur. Grégory Murer explique : « J’étais informaticien, et j’ai fait un stage chez un brasseur près de chez moi en Belgique. Un brasseur q u i a ob t e n u l e p r i x d e l a meilleure bière du monde… » Une référence de qualité, mais que le brasseur et son stagiaire apprécient avec humilité. « Il y a une grande fraternité chez les brasseurs », souligne Grégory Murer.

Le couple est arrivé en 2004 à Fleurac. Mais le projet de brasserie va mettre quatre ans à se développer, pour une ouverture officielle le jour de l’été 2008. Quatre ans pour trouver un bâtiment qui puisse accueillir la brasserie, et surtout trouver les financements. « Les banques locales ne nous ont pas suivi. Pour les banquiers, le projet d’une brasserie dans le Cantal n’était pas viable. » Mais cette histoire belge était plus sérieuse que les préjugés. Le couple se tourne vers la Nef (Nouvelle économie fraternelle), banque lyonnaise filiale du Crédit coopératif, qui décide d’accorder le financement à ce projet loin d’être farfelu. « Nous leur avons présenté notre projet, et quelques jours plus tard nous avions une réponse positive ». Le montant total de l’investissement, bâtiment et travaux inclus, s’élève à 250.000 €. Après les papiers, place désormais à la fabrication.

“Tous les ingrédients que nous utilisons sont de qualité bio"

De l’eau, de la levure, du malt, de l’orge, du houblon et des épices. Explications des détails : « il faut de l’eau pure, et à Fleurac elle est parfaite. Le malt vient de Belgique, de la Malterie du château qui livre toutes les brasseries artisanales en Europe. Parce que les autres malteries ne livrent qu’en péniche… » Pas pratique pour les livraisons dans le Cantal. L’orge vient de France. Pour le houblon, ca se complique. « Les qualités gustatives du houblon varient selon le territoire. Nous utilisons un mélange de houblon de la République tchèque, d’Allemagne, de GrandeBretagne et du Canada. » Et enfin les épices. « Tous les ingrédients que nous utilisons sont de qualité bio. Et surtout pour les épices. Imaginez que nous utilisions l’écorce d’une orange traitée, ce serait faire une décoction de pesticide ».

La brasserie propose quatre bières, toute de type belge. Une blonde, une rouge à la gentiane, une noire à la réglisse, et une triple. Avec, pour cette fin d’année, la seule bière de saison et de tradition des brasseurs indépendants : la bière de noël. « Une triple avec du gingembre ». La production totale, actuellement, est d’environ 800 litres par semaine . Et la production s’écoule dans les boutiques ou grandes surfaces du département. Mais aussi dans plusieurs villes de France, où les points de vente se multiplient. La qualité de la production n’y est pas étrangère bien sûr, et le récent prix de la meilleure triple obtenu au salon des bières de caractère, à Poperings (Belgique) ajoute un coup de projecteur sur la seule brasserie cantalienne.

La Montagne